Il faut que le mouvement compositionnel soit possédé, tel qu'au rugby un amateur averti l'observe, par la spirale de la progression en vrille, comme la pratique más o menos le 15 de Mont de Marsan, pour qu'en toute sécurité, vulnérable afin que le jeu perdure, la progression reste immobile jusqu'à l'ultime secousse de la ponte; cela au compte d'un armagnac élevé à Betbezer par les Escoubet de Labastide et maintenant Rameau puis Mozart: cela vaut sur un verre d'eau avec plaisir, par-dessus le petit verre s'il vous plaît. L'Eau, l'Azur et l'Armagnac c'est mieux qu'un aveu; je vous éclaire: avec un foie gras aux girolles c'était le Médoc exemplaire d'un Château bien élevé puis le Fronsac des Rousselot de Saint-Aignan, amateurs de peinture et de passion lente, comme un girondin de souche se doit. Cela nous disposait à éclairer la nuit, à entendre ce que le hasard proposerait; ce fut Mozart encore, pourvu que ça dure! Et même s'il fallait que ce fût Gaigne ou Boulez ou bien Bon ou Dubedout, Kurtag, Mestral, Ami, ou Gagneux ou bien d'autres tels que Lighetti, Luciano Berio, Verken et même Ohana ou Manouri, nous serions toujours dans la partie qui se joue. Camarades, restons acteurs: destin singulier de cette bête verte dont j'observe le parcours sur une symphonie de Schubert qui dérive au gré de Mozart, encore lui - ils sont incroyables ce soir - je me prends, plutôt que de le chasser, à aimer cet être qui m'échappe au revers d'un plateau hexagonal de bois où repose la lampe et je n'en sais rien d'autre que c'est un insecte mimétique pris comme tout le monde dans la logique alimentaire.
Quant à Schubert il poursuit le voyage, combine, rappelle et dérape sur un glissement délicieux, construit...Un garçon bien élevé qui ne perd jamais de vue son bon plaisir, quoi qu'il en coûte et qui sait qu'avoir devant soi une pile de 6 mouchoirs de Cholet tout frais est un luxe - le temps d'une vie suffit à peine à l'apprécier - sauf pour nous autres les peintres, je veux dire les peintres, ceux qui ne mettent pas de locomotive dans le temps mais la tension d'une vivace lenteur polychrome, ensemble, épaule contre épaule, dans le pas, en boule, immobiles sur l'ovale pour le pondre là-bas. Avem ganat!
JCD (in "art médiations" août 1999)